Sagesse chrétienne
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· Oui je suis d'accord avec ce sentiment de joie de s'unir au Christ. En résumé au-dessus du bonheur il y a la béatitude et il me semble qu'au-dessus de la joie il doit y avoir l'extase !?!? C'est ce que ressentait Marthe lorsqu'elle recevait le corps du Christ !  Chaque première notion doit concerner le corps ou le cerveau dont l'intellect. Chaque seconde notion doit concerner l'âme ? Autant j'ai du mal à ressentir les choses en relation avec Dieu et Jésus dans la vie de tous les jours, autant c'est plus facile avec Marie pour qui j'ai beaucoup d'affection. Je suis plus sensible à sa féminité et sa maternité. Pareil pour Marthe je la considère comme une amie ou comme ma grand-mère.  Toutes les deux m'accompagnent dans la plupart des choses que je vis. Je suis un peu plus sensible à Jésus quand je suis plongé dans un livre sur Marthe. Car dans ce cas je ressens ce qu'elle ressent. Je passe donc par elle. Je crois que c'est ce qu'elle souhaitait. Comme tu m'as dit, il faut que j'apprenne à le connaître pour l'apprécier à sa juste valeur. Mais il me manque beaucoup de choses à connaître de lui.  


· Je reprends ton message à rebours : oui il y a beaucoup de choses à connaître de Jésus, tellement d’ailleurs que même l’éternité ne suffira pas à en épuiser le contenu, puisqu’en tant que Verbe de Dieu, Jésus ne pourra pas être totalement connu tel qu’il est en lui-même. On le verra dans son essence, mais pas parfaitement dans le sens de totalement, car la lumière de gloire, qui est quelque chose de créé pour nous permettre cette vision de l’essence divine, sera par nature non-infinie, et Dieu étant infini, il nous sera impossible de le connaître entièrement, c’est-à-dire dans son infinité.   

Ton attachement à Marthe, Marie et Jésus, est comme tu le dis toi-même empreint de sensibilité, de ressenti et d’affection. C’est bien, c’est déjà ça et c’est normal dans un cheminement spirituel. Mais ainsi que je te l’ai dit, Dieu n’est pas matériel et donc on ne peut pas le sentir. Ne juge pas de ton avancement intérieur sur la base du sentiment, car tu risques d’être très déçu. Plus on avance et moins on ressent de façon sensible, sache-le. C’est là tout l’enseignement du Docteur de l’Amour St Jean de la Croix et de son alter ego féminin, Ste Thérèse d’Avila.  

Tu as bien raison de recourir à Marthe et surtout à notre sainte Mère à tous la Vierge Marie qui est une bonne mère, et en tant que simple créature plus proche de nous, même si elle est pleine de grâces. D’après St Louis Grignon de Montfort, en tant que Mère de Dieu et Reine du ciel, toutes les grâces que Dieu nous donne passent par ses mains. C’est d’ailleurs le sens du tableau que Marthe avait demandé au Père Finet et qui est dans sa chambre: Marie médiatrice de toutes les grâces. Il demeure néanmoins vrai, que l’amour passionnel des romans et des films ne dure qu’un instant (trois ans si ça se passe bien, sinon moins), chose normale pour un « appétit » d’origine sensible dont le propre est d’être transitoire. La sensation va et vient. Les sens sont insatiables. Ils en redemandent sans cesse. Et à force de se repaître de la même nourriture, ils cherchent de nouvelles voluptés, de nouvelles expériences sensuelles. La flamme de l’amour sensible ou passionnel est éphémère. On ne peut pas bâtir une vie là-dessus. L’amour qui dure est un choix à la fois de la raison et de la volonté. Aimer Dieu, c’est surtout vouloir ce qu’il veut. Il faut donc le connaître pour le savoir, et aussi pour nourrir cet amour, car plus on le connaît plus on l’aime, même si on peut l’aimer beaucoup plus qu’on ne le connaît, et heureusement. Notre intelligence peut avoir des limites selon sa plus ou moins grande pénétration et illumination, mais la volonté elle n’a pas de limite en soi. D’où l’adage classique de st Augustin : la mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure. Peu importe ton ressenti, si tu veux aimer, tu aimeras avec la grâce de Dieu. Excuse-moi, je n’ai pas bien compris, ce que tu voulais dire par « première et deuxième notion ». Juste une petite remarque : l’intellect fait partie avec la volonté de ce qu’on nomme l’âme supérieure. Notre intelligence se sert du cerveau, comme le bûcheron se sert de la hache, comme d’un simple outil. Mais nos pensées sont tout à fait immatérielles, et non comme on l’enseigne actuellement en SVT le fruit de l’activité cérébrale, comme le foie sécrète la bile. De la matière, seule peut sortir de la matière. L’inférieur ne pouvant pas être cause du supérieur ainsi que l’exige une saine philosophie réaliste.  

Dernier point : je ne sais pas si on peut mettre en concurrence la joie et l’extase. Il faut de plus faire attention, car l’extase à la Marthe ou à la St Paul est réservée à un club très restreint d’ « happy few » ici-bas, de saints et de mystiques. Cette extase est celle qui concerne d’après st Thomas la « vertu cognitive », dans laquelle la personne est comme transportée hors de soi par une cause surnaturelle. Par contre, il existe une extase produite par la « vertu appétitive », c’est-à-dire par la charité lorsqu’on se soucie plus du bien de l’autre que du nôtre. Tu vois donc que nous pouvons tous expérimenter l’extase de l’amour. Et si la joie selon le même St Thomas, naît bien de l’obtention de ce qu’on recherche avec un grand désir, on doit conclure que la joie naît de l’amour. Elle en est le repos, la satisfaction du désir. C’est plus une différence d’ordre dans le temps, ou dans le rapport de cause à effet. De même le bonheur ne peut pas être au-dessus de la Béatitude, puisqu’elle est justement le bonheur ultime (béatitude=l’état d’être bienheureux, soit le bonheur parfait). C'est un peu long... désolé. Mais ça m'a fait du bien de reprendre ces différentes notions avec toi.   

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